Au Liban

Là où il se trouve, de par sa vie et son ministère, le moine Antonin garde en mémoire sa mission : de rappeler constamment au peuple de Dieu qu'il est en marche, en pèlerinage vers le Royaume.
A partir des monastères fondés, lieux de prière et de vie fraternelle, les moines antonins partent en mission non seulement dans toutes les régions du Liban mais aussi au-delà des frontières du Pays.
La plupart des monastères de l'Ordre Antonin Maronite ont été ainsi construits, ou élargis, par les moines eux-mêmes, comme cela est rapporté dans les différents documents conservés dans les Archives Historiques de l'Ordre. Quant à la répartition de ces monastères dans les différentes régions, elle constitue un indice évident relatif aux objectifs de l'Ordre et de sa mission religieuse.

Autres


   Mission

Dès sa fondation, l'Ordre Antonin s'est trouvé dans un milieu non chrétien, faisant face à nombre de défis auxquels était exposée la vie commune entre les différentes religions au Liban. Cependant, les moines Antonins ont su gagner l'estime et affermir leurs relations surtout avec les Emirs druzes Abil’Lamah, aidant ainsi plusieurs d'entre eux à embrasser la foi chrétienne, notamment dans les régions de Broumana, Kornayel, Beit-Mery et Chemlane.

C'est dans cet esprit de rapprochement et de dialogue que l'Emir Abdallah Kayed Bey Abil’Lamah, grand protecteur du monastère Mar-Chaaya et ayant efficacement participé à sa fondation, a vu, par la grâce divine, ses petits-fils Ahmad et Mansour reconnaître la foi chrétienne tout en restant fidèles à leur druzisme.

A leur tour, plus tard, Bachir et Salim, fils de l'Emir Ahmad, puis Amine et Ali, fils de l'Emir Mansour embrassèrent la foi chrétienne selon le rite maronite. L'histoire relève ainsi nombre de moines Antonins qui ont réalisé leur vocation spécifique auprès des Emirs druzes et sunnites.

Bien d'autres oeuvres apostoliques - enseignement, services pastoraux, etc. - furent menées à terme par les moines Antonins et notamment reconnues par sa Sainteté le Pape Benoit XIV dans ses correspondances avec le Patriarche maronite et le Supérieur Général de l'Ordre, d'alors les invitant à soutenir l'Ordre Antonin "Considérant son efficacité et considérant ses efforts visant à affermir la foi catholique entre les fidèles et la fraternité avec les non-Catholiques".

  La Vie Communautaire   


   La Vie Communautaire (Cénobitisme):

Il est évident que le cénobitisme, associé à la vie missionnaire, vécu par les Pères Fondateurs, fut exemplaire pour la nouvelle communauté monastique.

C'est ainsi que nombreux furent les moines qui, après de longues années de vie communautaire selon les conseils évangéliques, furent autorisés à se retirer dans des ermitages proches des monastères.

Malgré les guerres, les persécutions et les exodes auxquels fut exposé l'Ordre, l'histoire retient notamment: P. Youhanna Jeitaoui ( 1779), Fr. Wehbé el-Hage Boutros ( 1867), P. Sérapion Chémali ( 1888) et Fr. Youhanna Hayek ( 1888) se retirant à l’érmitage du monastère Mar-Abda Mouchammar près de Nahr el-Kalb ; Fr. Kyriakos ( 1843) et Fr. Germanos Dirani ( 1890) se retirant à l'ermitage du monastère Saints Pierre et Paul à Kattine dans le Sud - Liban ; Fr. Saba Nasrallah (1843-1900) se retirant à l'ermitage du monastère Mar - Chaaya près de Broumana ; Fr. Germanos el-Ehdeni ( 1890) se retirant à même les rochers près du monastère Saints Sarkis et Bakhos à Ehden au Nord - Liban ... et bien d’autres noms proclamés par les fidèles en tant que « hommes de Dieu ».

  Les Martyrs Antonins  


   Les Martyrs Antonins

Depuis la fondation de l'Ordre, son histoire est intimement liée à l'histoire du Liban. De ce fait, les moines Antonins connurent les persécutions et les exodes et le martyre.

Durant les années 1842-1860, particulièrement sanglantes dans l'histoire des chrétiens du Liban, alors que des villages entiers tels que Beit-Mery, Salima, Zahlé, Jezzine, Deïr el-Kamar, Rachayya et Hasbayya étaient mis à sac et brûlés et leurs habitants massacrés, les monastères et les églises étaient profanés.

En 1860 également les soldats de l'armée ottomane commandée par Arnaout investissaient le monastère St. Roch à Dékwaneh et y massacrèrent quarante moines. L'Ordre des moines Antonins ne fut pas épargné non plus par les événements durs que connut le Liban durant les longues années de guerre sur son territoire entre 1975 et les années 90.
Les bombardements violents détruisirent ou endommagèrent plusieurs monastères, églises et écoles de l’Ordre aussi bien au Metn, qu’au Sud - Liban, dans la Békaa, le Nord et Beyrouth, entraînant de ce fait le martyre de nombreux moines.


  Expansion  


   Expansion

Destructions, massacres, famine et exode étaient le lot du peuple libanais durant la Première Guerre Mondiale. Les hommes de l'armée ottomane n'épargnèrent pas de leur barbarie ni les religieux ni les monastères. Tous les monastères de l’Ordre Antonin Maronite situés au Metn furent profanés, brûlés ou détruits, sinon transformés en casernes militaires et leurs moines chassés ou tués.

Ce n'est que bien après la fin de la grande guerre que l'Ordre Antonin put récupérer ces monastères grâce, particulièrement, aux efforts du Supérieur Général l'Abbé Youssef Aramouni. Cependant et jusqu'en 1931 le noviciat était arrêté.

La guerre finie, les responsables de l'Ordre déployèrent aussitôt tous leurs efforts pour rassembler la famille Antonine et reprendre la vie Communautaire. Tout d'abord, le noviciat a été définitivement établi à Mar Chaaya depuis 1938, après avoir été déplacé entre les monastères Mar Chaaya, Mar Youhanna à Ajaltoun ou Mar Roukoz à Dékwaneh.

En 1941 l'instauration du Petit Séminaire, ou Postulat, au monastère Mar Chaaya, est considérée comme un nouveau départ dans la vie monastique, les jeunes gens désireux d'entrer dans les Ordres étaient alors pris en charge, dès les petites classes, jusqu'à l'âge de 15 ans et préparés au noviciat où ils faisaient connaissance de la vie monastique avant la profession des voeux.

Fin 1949, le Supérieur Général de l'Ordre, alors le Père Abbé Boutros Lteif décida de transférer le Petit Séminaire du monastère Mar Chaaya au monastère Mar Antonios à Baabda. Là, les postulants et les jeunes moines poursuivaient leurs études scolaires selon les programmes de l'État, se présentaient aux examens officiels et visaient les diplômes de fin d'études scolaires avant d'entamer les études ecclésiastiques.

Les moines continuaient ensuite, et dès 1932, leurs études de philosophie et de théologie à l'Université St. Joseph des Pères Jésuites à Beyrouth.

Depuis 1958, sur privilège accordé par la Congrégation pour les Eglises Orientales, grâce à l'appui de feu le Cardinal Akassios Kousa et aux efforts du Supérieur Général de l'Ordre l'Abbé Maroun Harika, les moines Antonins poursuivent leurs études en philosophie et en théologie à Rome, à l'Université St. Anselme des moines Bénédictins ainsi qu'à l'Université Pontificale St. Thomas d'Aquin.

Plus tard, et avec le soutien de feu le Cardinal Albert Decourtray, l'Université Catholique de Lyon - France a ouvert ses portes également aux moines Antonins, reconnus pour leur spiritualité et leur mérite apostolique.

  Le Tau  


   Historique

L'Ordre Antonin Maronite est né à la fin du XVIIème siècle grâce à l'initiative de Mgr. Gebraël Blouzani alors évêque d'Alep. Homme reconnu pour sa Sainteté et sa piété exemplaires, il est le réformateur et le rénovateur de la vie monastique dans l'Eglise maronite du début du XVIIIème siècle.
En 1673 Mgr. Blouzani fonda le monastère Notre-Dame à Tamiche en en faisant le siège de son évêché, mais il établit essentiellement un modèle de la vie monastique renouvelée.
Après avoir formé ses moines, durant une longue période selon les règles de la vie monastique orientale, il choisi parmi eux une élite, en 1698, et les envoie pour reconstruire le monastère dédié à Mar Chaaya, le moine alepin ; ce monastère s'élève au sommet de la colline connue sous le nom Aramta, aux abords du village de Broumana, dans la région du Metn. C'est là que les premiers moines fondent une Communauté monastique nouvelle professant les conseils évangéliques et œuvrant au service des besoins de l'Eglise, au sein même des réalités sociales.
Le 15 août 1700, en la fête de l'Assomption, la première messe fut célébrée, inaugurant un nouveau départ pour la vie monastique orientale pluriséculaire à Mar Chaaya.


Débuts

Depuis, fidèle à sa tradition, à son patrimoine religieux, et à l'image du Christ priant au sommet de la montagne ou dans des endroits déserts, mais également annonçant le Royaume de Dieu au peuple, guérissant les malades et convertissant les pécheurs, notre Ordre Antonin Maronite ne cesse d'œuvrer, témoignant de l'immense source de richesse du Christ aussi bien aux Chrétiens qu'aux non-chrétiens, ceci à travers le témoignage de ses fils qui ont répondu à l'appel de l'Esprit dans une abnégation totale du don de soi, comme en témoigne le père Semaani dans son introduction à la Règle et aux Constitutions de l'Ordre:
 "...Considérant l'exemplarité de vos Saints moines, leur apostolat au service de la communauté dans l'annonce de l'Evangile, et leurs mérites dans leur bon exemple et dans leur obéissance à leurs supérieurs dans l'Eglise, ils sont reconnus par les supérieurs aussi bien que par le peuple et sont un modèle aux autres familles orientales...
... en foi de quoi votre Règle est confirmée".
C'est ainsi que l'Eglise locale considère la particularité de l'Ordre Antonin Maronite et sa mission au service de l'Eglise et du prochain, et lui accorde par conséquent sa bénédiction, ses encouragements et son attention, en reconnaissant l'Ordre comme une expression confirmée de la vie monastique orientale.
Dans le même élan, sous l'impulsion de l'Esprit Saint, les Patriarches Estéphane Douayhi puis Blouzani et Aouad ont béni la mission de l'Ordre ; puis en 1740, Sa Sainteté le Pape Clément XII, par le bref apostolique "Père de miséricordes", confirma ses Constitutions et lui conféra son statut canonique de "droit pontifical" avec les droits et les privilèges reconnus à toute institution monastique.


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