Au Liban

Là où il se trouve, de par sa vie et son ministère, le moine Antonin garde en mémoire sa mission : de rappeler constamment au peuple de Dieu qu'il est en marche, en pèlerinage vers le Royaume.
A partir des monastères fondés, lieux de prière et de vie fraternelle, les moines antonins partent en mission non seulement dans toutes les régions du Liban mais aussi au-delà des frontières du Pays.
La plupart des monastères de l'Ordre Antonin Maronite ont été ainsi construits, ou élargis, par les moines eux-mêmes, comme cela est rapporté dans les différents documents conservés dans les Archives Historiques de l'Ordre. Quant à la répartition de ces monastères dans les différentes régions, elle constitue un indice évident relatif aux objectifs de l'Ordre et de sa mission religieuse.

Autres

Antoine le Grand  
 

Antoine le Grand , ce nom est un prénom français dérivé du latin Antonius, un vieux nom de famille romaine d’étymologie inconnue qui signifie «au- dessus de tout éloge » ou « très digne de louange », ou aussi « d’une valeur inestimable ». Ce fut dans cette terre d’Egypte que naquit, au milieu du troisième siècle, vers l’an 251 a .p JC, le patriarche des anachorètes à Come, près d’Héraclée, entre la Basse-Egypte et la Thébaïde sous l’empire de Dèce.

On admirait en lui une maturité de sagesse, une modestie, une retenue, une obéissance une soumission une douceur que l’on rencontre toujours rarement chez les enfants de son âge. Malgré les heureux avantages qu’il possédait la noblesse et la richesse, il ne consentit point à  s’engager et à aspirer aux honneurs du monde et aux faveurs de la fortune. Il avait un peu plus de dix-huit ans lorsque ses parents s’endormirent dans le Seigneur. Antoine avait vingt ans lorsqu’il entendit lire, à l’église, les paroles de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens suis-moi. »  Antoine Aussitôt Antoine vendit ses biens, donna une part de ses biens à sa sœur et le reste le distribua aux pauvres. Mais l’évangile pris à la lettre va l’emmener plus loin. Entrant à l’église une autre fois, il va entendre le Seigneur lui dire : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiètera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.» . Ne supportant pas ses paroles, il sortit et distribua même la part de sa sœur aux gens, et confia sa sœur à des vierges connues et fidèles pour y être éduquée.

Quant à lui, il eut à soutenir des tentations innombrables de la part des démons Durant toute cette longue tragédie, Dieu n’a jamais abandonné son serviteur. Il est mort le dix-sept janvier de l’an 356 de 105 ans. En 561, sous l’empereur Justinien, ses ossements furent transférés avec solennité en l’église de Saint Jean Baptiste à Alexandrie. Puis, plus tard à Constantinople. Le prince Jocelyn a ramené en France les restes d’Antoine et les a déposés dans l’Abbaye de l’Isère qui porte son nom.

Antoine de Padoue  
 

Fernando Martins de Bulhões naquit vers 1195 à Lisbonne, dans une famille noble et militaire. Descendant de Charlemagne, il est apparenté à la famille de Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, avoué du Saint Sépulcre, de qui sont issus les rois de Jérusalem, dont une branche s'est implantée au Portugal.

Entré jeune chez les ermites de Saint-Augustin il y fait d'excellentes études à Saint-Vincent de Fora puis au monastère de la Sainte-Croix de Coïmbre, un important centre d'études et de vie religieuse où il fut ordonné prêtre.

En 1220, les dépouilles des franciscains morts martyrs au Maroc sont ramenées au Portugal. Le témoignage de ces vies le bouleverse et le conduit à demander son admission parmi les disciples de Francois d'Assise ; il y devient frère Antoine.

Il partit en mission, à sa demande, au Maroc mais dut être rapatrié en Europe dès 1221 pour des problèmes de santé. Son bateau fut dérivé par les vents sur la côte de Sicile où il rencontra les franciscains de Messine. Il participe aux côtés de François d'Assise au Chapitre général du 30 mai 1221, et passa ensuite près d'un an en reclus au couvent de Montepaolo, pratiquement isolé du reste de la communauté.

En 1222, lors de l'ordination de plusieurs franciscains, il dut prendre la parole à la place d'un frère et montra un grand talent d'orateur et d'érudit. François d'Assise l'envoya alors prêcher en Italie et en France. Il prêcha et enseigna la théologie à Bologne, puis alla s'établir dans le sud de la France à Toulouse, Montpellier. Antoine connaissait très bien la théologie et ses prédications rencontrèrent un succès important, favorisant la conversion de nombreux cathares. Il fonda un monastère à Brive, où il fit de nombreuses conversions. Il fut d'ailleurs, comme Vincent Ferrier et Torquemada, surnommé le marteau des hérétiques. Sa connaissance remarquable des Saintes Ecritures lui acquiert le titre de Trésor vivant de la Bible, que lui donne le pape Grégoire IX lui-même qui l'admirait beaucoup.

En 1226, il est custode de Limoges et en 1227, après la mort de François d'Assise, fondateur de son ordre, il est provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses face aux albigeois. La tradition rapporte qu'il édifia en 1227 au moment de son retour de France, un sanctuaire dédié à la Bienheureuse Vierge des Grâces au sein de la ville de Gemona située dans le Frioul (Italie). Gemona abritait à l'époque une importante communauté constituée par les membres d'une secte hérétique de patarins à l'encontre de laquelle Antoine prêchait. Ce sanctuaire qui existe toujours sera le premier sanctuaire consacré à saint Antoine dans le monde.

En 1230, au chapitre, il renonce à sa charge de ministre provincial. Il fut envoyé à Rome où il fut un des conseillers du pape Grégoire IX qui s'interrogeait sur la validité du Testament de François d'Assise. En 1231, il fut envoyé à Padoue (Vénétie) où il poursuivit ses prêches durant le Carême. Il meurt d'hydropisie et d'épuisement le 13 juin suivant à Arcelle, près de Padoue. Si son apostolat a duré moins de 10 ans, le rayonnement de ses paroles et de ses actes a eu une portée internationale jusqu'à nos jours.

Saint Edna (Tarachus) et ses compagnons


Les saints Tarachus (Tharacus, Tarachos), Andronicus, Probus (Provos) étaient des martyrs de la persécution de l’empéreur Diocletian (environ 304 ap J.-C.).
Tarachus (ca. 239 - 304), un Romain qui était un indigène de Claudiopolis dans Isauria et un ancien soldat, le plébéien Probus de Côté dans Pamphylia et le patricien Andronicus, qui a appartenu à une famille proéminente d'Ephesus, a été jugé par gouverneur Numerian Maximus et a torturé terriblement trois fois dans les villes différentes, en incluant le Tarse, Mopsuestia et Anazarbus de Cilicia. Les syriaque l’ont appelé Edna (terme syriaque qui signifie « oreille ») et il est considéré comme le saint patron des maux d'oreilles et de la surdité.
Selon la tradition, Tarachus a été battu sur ses joues et cou avec les pierres, puis on lui a coupé ses lèvres et son oreille. Ses mains ont été aussi brûlées. Il a été pendu sur un poste et la fumée a été mise au-dessous de lui pour l'étrangler; le vinaigre a été diminué ses narines de force; après les tortures de plus durables, il a été sculpté aux morceaux. Probus a été roué de coups avec les fouets, ses pieds ont été brûlés avec les fers chauds rouges, son dos et côtés ont été percés avec les salives chauffées; finalement il a été aussi coupé en haut avec les couteaux. Andronicus a été aussi coupé aux morceaux avec les couteaux.
Ils ont été alors condamnés à mort par les bêtes sauvages et quand les animaux ne les toucheraient pas dans l'amphithéâtre ils ont été exécutés avec l'épée.
Trois hommes, appelés Marcian, Felix et Verus, étaient témoins de leur martyre. Ils ont récupéré les corps des trois saints, les ont enterrés et leur ont veillé le reste de leurs vies, en demandant qu'ils être enterrés dans la même voûte que les martyrs à la fin de leurs vies.

Saint Charbel Makhlouf  
 

Saint Charbel Makhlouf naquit au Liban, le 8 mai 1828, dans le village maronite de Bika'Kafra. Sa mère le nomma Youssef.

Berger à l'âge de sept ans, il se réfugiait dans une grotte afin de prier à l'heure du midi loin des regards indiscrets, tandis que son troupeau se reposait. Youssef suivit aussi les leçons du maître d'école qui se résumaient alors à lire, à écrire, à prier et à servir la messe.

En 1851, Youssef ayant atteint sa vingt-troisième année, il résolut de quitter son village sans prévenir personne, pour se rendre au monastère de Notre-Dame de Maïfouk, de l'Ordre libanais maronite. Huit jours après son entrée, il prend l'habit et choisit le nom de Charbel, illustre martyr de l'Église d'Antioche, en l'an 107, sous Trajan. Dès le début de sa vie religieuse, sa générosité dépasse toute obligation. Il se signale surtout par la simplicité et la sincérité de sa piété. Le 1er octobre 1853, saint Charbel prononce les trois vœux de religion : l’obéissance, la chasteté et la pauvreté, acceptant joyeusement d'être victime perpétuelle jusqu'à sa mort.

Aucun travail manuel ne rebutait cette âme d'élite. Il disait à son supérieur: «Donnez-moi, si vous m'en jugez digne, les corvées les plus rudes et les plus humiliantes.» Pendant plusieurs mois, on le chargea de nettoyer les couloirs et de collecter les ordures. Il dut défricher des terres incultes à l'aide de la plus lourde pioche qu'il maniait dix heures par jour.

En juillet 1859, Mgr Joseph Al Madrid lui conféra la prêtrise; saint Charbel était âgé de trente et un ans. Après son ordination, il passa seize ans à Annaya, avant d'avoir l'autorisation de se retirer dans l'ermitage du monastère où s'écouleront les vingt-trois dernières années de sa vie.

Là, dès son lever, le Père Charbel se dirige vers la chapelle où il demeure cinq heures en adoration. A le considérer, on constatait que son cœur, son âme et ses pensées étaient toutes plongées en Dieu. Presque continuellement agenouillé, il fixe le tabernacle et s'absorbe dans une profonde méditation. Le saint solitaire entretenait sa vie d'oraison par le silence. Aux questions qui lui étaient posées, il ne répondait, aimablement, que le nécessaire. Un jour, avant la consécration du Saint Sacrifice de la messe, comme un froid intense sévissait, un frisson le prit subitement. Son compagnon s'aperçut de sa faiblesse et l'amena se reposer un instant. Après un second essai pour terminer sa messe, saint Charbel fut soudainement atteint de paralysie et dut s'aliter pour la première fois de sa vie.

Son agonie dura huit jours; agonie de paix, agonie de saint. «O Père de vérité, voici Votre Fils, victime pour Vous plaire...» Ses lèvres répétèrent continuellement ces paroles de la messe jusqu'au moment où il rendit sa grande âme à Dieu dans la nuit du 24 décembre 1898, vigile de la fête de Noël. Le plus grand prodige après celui de la vie de saint Charbel Makhlouf consiste dans l'état de conservation miraculeuse de son corps. Les foules se sont empressées d'accourir pour contempler ce prodige inouï qui s'est perpétué longtemps après sa mort.

Le prophète Élie
 

Élie serait né en -927 et enlevé par un char céleste, il est vivant éternellement L'histoire du prophète Élie est connue par ce que les exégètes ont appelé le "Cycle d'Élie".

Selon l'Ancien Testament, Élie était un habitant du pays de Galaad et aussi un "Tishbite", c'est-à-dire originaire de la ville de Tishbé  (en arabe el istib), au nord de la rivière Yabboq dans le djebel adjloun (entre le Yarmouk et l'Arnon), un nom de même racine que le mot captivité en hébreu. La tradition l'a fait connaître comme ayant une grande foi en YHWH et lui a attribué de nombreux miracles, dont même ceux de ressusciter les morts et de faire descendre le feu du ciel.

Dans le Premier livre des Rois, Élie apparaît dans l'histoire pour avertir Achab, le roi d'Israël, de la survenue d'une sécheresse causée parce qu'il empêche la pluie de tomber. Il part ensuite faire une retraite près d'un torrent affluent du Jourdain. Il boit l'eau du torrent et est ravitaillé en nourriture par des corbeaux. Au bout d'un certain temps le torrent se tarit, puis Élie part vers Sidon où une veuve de la ville de Sarepta le reçoit et le nourrit. Un miracle a alors lieu, car les maigres provisions de la veuve ne s'épuisent pas jusqu'au retour de la pluie. Le fils de la veuve tombe malade et meurt, puis ressuscite sur une prière d'Élie5.

La sécheresse annoncée par Élie devait durer plus de trois ans. La troisième année de sécheresse, Dieu renvoie Élie auprès du roi Achab. Élie rencontre un serviteur du roi nommé Abdias et lui demande de l'annoncer. Abdias craint que cette annonce provoque son exécution si Élie disparaît à nouveau, et plaide en évoquant son passé, où il a protégé des prophètes de Dieu que la reine Jézabel voulait faire tuer. Élie lui assure qu'il se montrera à Achab et malgré ses craintes, Abdias prévient le roi qui vient à la rencontre d'Élie.

Élie réprimande le roi pour avoir sacrifié au dieu Baal et laissé son épouse Jézabel dîner avec quatre cents prophètes d'Astarté. Le roi convoque le peuple et tous les prophètes sur le mont Carmel. Élie est seul face à quatre cent cinquante prophètes de Baal. Chaque camp choisit des taureaux pour en faire offrande à son dieu, mais sans y mettre le feu. Les prêtres de Baal s'agitent mais en vain, le feu ne vient pas consumer leurs offrandes. Élie fait un autel et place les offrandes qu'il fait arroser d'eau par trois fois. Il fait alors une prière et le feu s'abat sur l'autel. Alors Élie donne l'ordre de se saisir des prêtres de Baal et il les égorge. Élie dit à Achab de retourner en char à Jezréel avant que la pluie ne l'arrête, la pluie se met à tomber, tandis qu'Élie devance Achab en courant. Informée par Achab, Jézabel menace Élie de lui faire subir le même sort qu'il a fait subir aux prêtres de Baal. Élie s'enfuit vers Beer-Sheva dans le royaume de Juda pour s'y réfugier. Élie, complètement découragé par ce qui lui arrive et souhaitant mourir, s'endort au pied d'un genêt. Un ange le réveille et lui offre à manger, il mange et se rendort. L'ange revient et Élie peut marcher ainsi pendant quarante jours. Arrivé à la caverne du Mont Horeb, Élie s'y réfugie.  Dieu donne l'ordre à Élie d'aller à Damas pour oindre Hazaël comme roi sur Aram, oindre Jéhu comme roi d'Israël et oindre Élisée pour en faire son successeur.

Ascension du prophète Elie remettant son manteau à son disciple Elisée (face droite du sarcophage dit de « la Remise de la Loi », musée du Louvre).Alors qu'il est en compagnie d'Élisée, Élie est enlevé au ciel dans un tourbillon. Après sa disparition, Élisée lui succède. Il est fêté le 20 juillet par les catholiques et par les orthodoxes. Plusieurs montagnes portent son nom dont la plus connue est le mont Saint Elias en Alaska.