Le
XVIIIe siècle fut surtout marqué par le développement
progressif de la Congrégation, la construction ou la reprise
et l'aménagement de 17 monastères dans toutes les
régions du Liban. Un moine Antonin de Ghazir fut sacré
Evêque de Marjayoun et un moine de Mar Chaya, à la
demande expresse du Patriarche, devint curé de Saint Jean
d'Acre. Il est vrai qu'il était originaire de Jérusalem.
Ce
siècle vit aussi la création de la Congrégation
des Soeurs Antonines. Quand le couvent de Qattin fut repris par
les Antonins c'était un monastère mixte. Il fallait
donc trouver une solution pour les moniales. Voici le texte d'un
document de l'époque: "Nous permettons à nos
bien aimés fils dans le Seigneur, le Père Thomas,
Supérieur Général et les Assistants Antonins,
la création d'un couvent dédié à Saint
Antoine de Padoue, dans la localité de Jezzine, notre paroisse,
pour qu'il soit l'habitation de nos filles, les religieuses qui
ont prononcé leurs voeux selon les Constitutions de nos
fils les religieux susmentionnés, et qui étaient
établies auparavant au couvent Saint Pierre de Qattin.
Ceci pour une meilleure obéissance aux directives de notre
Siège antiochien. Que ceci soit un document entre leurs
mains pour être porté à la connaissance de
tous les intéressés." Joseph Pierre, Patriarche
d'Antioche
Le
couvent de Jezzine revint plus tard aux Antonins, mais les couvents
Saint Elie de Ghazir et Mar Doumit de Roumié furent confiés
aux Soeurs Antonines. Il en fut de même pour le couvent
de Ain Alaq, où la Congrégation a installé
son noviciat.40
Le
XIXe siècle fut beaucoup plus agité. Au cours des
divers massacres plusieurs moines furent victimes et l'Ordre subit
des pertes temporelles considérables. Malgré tout,
à la fin du siècle il comptait quelques 300 moines
répartis dans 23 couvents. Un Antonin de Qattin devint
évêque de Tripoli.
Au
cours du XXe siècle les bouleversements socio-politiques
occasionnés par les deux guerres mondiales et par la guerre
du Liban ainsi que l'évolution rapide en tous domaines,
de ces dernières décennies, ont modifié quelques
aspects extérieurs de la vie antonine sans altérer
pour autant les constantes de sa spiritualité..
En
ces dernières années du troisième centenaire
de sa fondation, l'Ordre Antonin Maronite compte vingt-trois couvents
au Liban, un couvent en Syrie, deux au Canada, un en France, une
résidence en Belgique, et à Rome la Procure générale
et une maison d'études.
La
Congrégation totalise une centaine de moines-prêtres,
plus les étudiants en théologie, les novices et
les postulants.
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